IMG_20180224_135444

J’ai adopté Brady le 23 décembre 2017. Ça ne fait que quatre mois, mais j’ai l’impression qu’il a toujours été là. Désormais, je ne vis plus dans mon appartement, mais dans celui du chat. Une chose à savoir quand on adopte un chat : plus rien ne vous appartient, tout est à lui.

 

Depuis toute petite, j’ai toujours voulu un chat. C’était impossible, on avait un berger allemand, et autant lui (et les deux qui ont suivi) que mon père n’aimaient pas les chats. Mon père en a carrément peur, car un jour un chat s’est couché sur sa poitrine et feulait dès qu’il faisait mine de bouger. Je m’étais donc toujours promis que, quand je serais grande, j’aurais un chat.

Puis je suis devenue grande, tard. J’ai emménagé dans mon appartement en avril 2016, à l’âge canonique de 31 ans. J’avais déjà vécue seule auparavant, à Paris, mais dans un studio sous loué par un foyer de jeunes travailleuses, donc ce n’était pas possible. Et finalement, je ne me suis pas précipitée pour un avoir un chat. J’ai bien regardé quelques annonces sur le bon coin, mais finalement, je n’étais plus si sûre. Plus très sûre d’avoir envie de m’occuper d’une petite bête, alors que j’étais enfin seule, dans un chez-moi (aussi pourri soit-il, mais ça, c’est une autre histoire), libre de vivre ma vie comme je l’entends sans subir de réflexions et devoir rendre des comptes. Je pense que je voulais avant tout savourer le fait d’être seule, sans aucune contraintes.

Parallèlement à ça, une de mes meilleures amies avait un chat, très malade, et dépensait pas mal d’argent chez le vétérinaire, ce qui m’a plutôt refroidie, car on ne peut pas dire que je gagne beaucoup.

J’y ai beaucoup réfléchi, un coup oui, un coup non, j’ai rencontré le nouveau chat de ma meilleure amie, et finalement j’ai dit à mes parents que pour Noël, je voulais un chaton. Alors, adopter un chaton à cette période, comment dire… Bah c’est compliqué, c’est pas tellement la « période ». J’ai répondu à moultes annonces du bon coin, jamais aucune putain de réponse. Je regardais souvent le site de la SPA, plein de chats, pas trop de chatons. Puis finalement, le 22 décembre, je vois sur le site de la LPA deux chatons à adopter, un tigré gris, et un tout noir. Je téléphone, les deux sont disponibles, je contacte la personne qui a le chaton noir chez elle et… Bah en fait elle venait juste de prendre rdv avec une autre personne pour le lendemain, elle me recontacterait si ça ne donnait rien. Grosse déception.

Je ne sais pas si on peut appeler ça un miracle de Noël ou non, mais le lendemain, vers midi, je reçois un texto m’informant que la personne s’était désistée (j’ai appris plus tard que c’était sans prévenir, et que si on ne l’avait pas contactée pour confirmer le rdv, la famille d’accueil se serait pointée à la LPA avec le chat pour rien…), et que si j’étais dispo et toujours d’accord, on pouvait se rencontrer à 16h. J’ai accepté et me suis précipitée au supermarché pour acheter de la litière et de la nourriture (j’avais déjà tout, sauf ça).  Ne sachant pas du tout comment les adoptions se passent, je ne savais pas si je repartais avec ou pas.

Je suis arrivée à la LPA avec ma mère avec une bonne demi-heure d’avance, stressée à l’idée d’être en retard. Samedi après-midi, beaucoup de monde, beaucoup de chiens qui aboient, ça se bouscule, je me fais petite en attendant. Une des dames de l’accueil me demande pour quel chat je viens, je le lui dit, et elle décroche sa photo du tableau d’affichage pour me la donner. Je comprends alors que je vais repartir avec un chaton. Je suis toute excitée et je ne peux m’empêcher de sourire niaisement.

Finalement, la famille d’accueil arrive. C’est une jeune fille blonde et son frère. On se met dans une pièce où on ferme les portes pour pouvoir sortir le chat sans risquer qu’il s’enfuie. Je me retrouve donc avec un chaton tout noir d’environ 6 mois dans les bras, tout doux, qui miaule doucement. Je le câline un peu et lui dit qu’il va repartir avec moi. La fille a l’air un peu triste, mais elle est contente parce qu’elle devait partir en vacances, sans pouvoir emmener le chat, et aurait donc du le laisser à la LPA.

C’est l’heure des formalités. Et là, le sketch commence. La femme qui doit s’en charger mange une banane et ne veut pas la lâcher parce que « c’est une banane, je peux pas la mettre de côté » (si si, tu peux, tu la poses sur sa peau ou un sopalin…). Je la soupçonne d’être en crise d’hypoglycémie parce qu’elle est extrêmement lente (à parler, à bouger), donc je ne dis rien, mais intérieurement, je bouillonne, tout ce que je veux, c’est repartir avec mon chat.
Elle sort les formulaires, le dossier du chat, et là : « ah mais on peut pas le laisser partir, il n’est pas pucé ». Là c’est le moment où mon cœur saute un ou deux battements et que la déception s’abat sur moi, telle la misère sur le monde. Je commence même à formuler une pensée « eh bah voilà, comme d’hab, je veux un truc, je suis à deux doigts de l’avoir, et forcément, on me le retire ».
Finalement, le fait que la famille d’accueil ne puisse pas le garder, qu’il est trop tard pour en trouver une nouvelle, et que du coup, ça forcerait la LPA à garder le chaton joue en ma faveur et elle accepte que je l’embarque, à condition de ne surtout pas le sortir. On prend rdv pour la pose de la puce et le vaccin, et hop, maman, le chat et moi, on saute dans la voiture et on rentre chez moi.

IMG_20171223_213624

Dans l’appartement, il commence par se cacher sous la bibliothèque, mais très vite, il en sort pour jouer, visiter, aller manger. Très vite, il se sent chez lui et prend possession de l’appartement (par contre, pas moyen de lui faire payer le loyer…). Ses jouets et ses poils traînent partout, mes mains et mes avants bras sont pleins de traces de griffes (au début, c’est rigolo, un chaton qui t’attaque, surtout que sur le coup, ça fait pas mal, puis après…).
Il n’est pas très câlin, déteste que je le prenne dans mes bras, miaule pour tout et n’importe quoi, exige constamment que je joue avec lui, pousse mon livre avec son museau, et se cache dès qu’il y a du monde à l’appartement.
Mais c’est mon chat. Ma sale bête à la queue cassée, qui grimpe sur mon ventre le soir quand je vais me coucher, ronronne et me donne des petits coups de museau pour que je le papouille un peu. Qui se colle contre moi pour dormir alors qu’il a tout le reste du lit. Et le canapé s’il veut. Qui n’aime rien tant que de regarder les pigeons qui se posent sur le rebord de la fenêtre de ma chambre. Qui, quand je reviens du boulot, se roule par terre en ronronnant (S’il y a quelqu’un avec moi, il court se cacher). C’est une petite boule de poils noirs, totalement ingrate, pourrie gâtée, mais sans laquelle je ne m’imagine plus vivre et à qui j’ai cédé bien volontiers mon cœur et mon appartement.

IMG_20180224_135504

 

Comme tous les propriétaires d’animaux, je suis très gaga et lui donne des surnoms pourris :
– Chatounet
– El Grande Chatounet
– Chatounounet
– Bradoche
– Bradouche
– Bradinou
– Bradinounet
– Bradovski
– Enfoiré de chat

IMG_20180224_143658